Voici le texte reformaté avec les coupures de lignes corrigées :
Nous étions 48 participants en provenance du pays basque, rassemblés par l'APJA, à nous rendre dans le Latium pour une escapade en principe centrée sur les jardins. Divisés en 2 groupes, nous avons partagé le même camp de base : la Tenuta Di Rocca Bruna à Tivoli, charmant havre de paix et de confort en pleine campagne romaine, à peine distraite par le chant des oiseaux.
Arrivés à Fiumicino, l'autocar nous emmène dans le centre de Rome par la majestueuse et antique Via delle Terme de Caracalla vers le Circus Maximus. L'objectif outre la vue sur la Rome antique au coucher du soleil est d'admirer une somptueuse roseraie, la « Roseto communale » qui domine le Circus Maximus en face du mont Palatin et nous la découvrons à l'apogée de sa floraison.
Vendredi 15 mai
La matinée sera consacrée à la visite de la Villa Hadriana à Tivoli, elle est célèbre pour avoir inspiré les jardins romantiques à « l'anglaise ». Nous retenons notamment de ce site grandiose qui serait une sorte d'hommage d'Hadrien à Antinoüs, les magnifiques 4 cariatides qui bordent le Canope et une grande variété de bâtiments qui s'insèrent dans un ensemble de jardins et d'espaces verts agrémentés de fontaines et de plans d'eau.
Nous quittons l'Empire Romain pour retrouver un autre Empire, celui de Napoléon et de ses descendants. Le Castillo del Gallo à Mandela fut acheté par Julie Clary, épouse de Joseph Bonaparte, dont les descendants occupent toujours le domaine. Il fut historiquement une étape du « grand tour ».
Le parc du château est en cours de restauration grâce à des fonds européens attribués à des sites et monuments italiens en vue de développer le tourisme rural. La Comtesse del Gallo a créé une roseraie dans le parc autour de la variété « château de Bonaparte ». De nombreux visiteurs célèbres sont passés à Mandela ; on citera Corot qui, inspiré par la vue exceptionnelle depuis le donjon, a pu donner libre cours à son talent.
Samedi 16 mai
De l'Empire vers le Moyen Âge : départ pour Anagni, fief de Boniface VIII, à une époque où l'Église était gouvernée dans le lieu où résidait le pape. Boniface VIII reste dans l'histoire pour l'incident qui l'opposa à Philippe le Bel en 1307 : l'attentat perpétré par Sciarra Colonna et Guillaume de Nogaret, l'envoyé de Philippe le Bel. Le pape fut giflé dans son palais d'Anagni et décéda peu de temps après. Lui succédera un français, Clément V, qui installera la papauté à Avignon.
Nous avons visité la cathédrale d'Anagni et sa crypte dite de San Magno, considérée comme la Chapelle Sixtine du Moyen Âge, car ornée de splendides fresques représentant des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament.
Du Moyen Âge à la Renaissance : départ direction Tivoli et la Villa d'Este. Construite par le cardinal Hippolyte d'Este, à défaut d'être élu Pape, il fit construire la villa et ses jardins pour montrer sa magnificence et son pouvoir. Il fut un précurseur de l'art des jardins et crée pour la première fois un jardin de rocaille et des jeux d'eau qui composent un décor visuel et sonore inoubliable.
La Villa d'Este est une résidence entourée de jardins en terrasse, ornés de statues, grottes et fontaines. Le parcours de l'eau démarre dans la maison même et va se diffuser sur près de 400 jets, 300 gerbes et 60 cascades. On reste impressionné par l'allée des 300 fontaines et la Fontana del Ovato, premier théâtre d'eau dans l'histoire des jardins. La Villa d'Este est une des illustrations les plus exceptionnelles de la culture de la Renaissance à son apogée, et ses jardins auront une profonde influence dans l'Europe entière, principalement à Versailles qui s'en est directement inspiré.
Le soir, toujours à Tivoli, nous dînons sous les terrasses du Temple de la Sibylle et du Temple de Vesta, qui surplombent les chutes spectaculaires de l'Aniene. C'est là qu'officiait la prophétesse. On dit que la Vestale prédit à Auguste la naissance du Christ ; ses oracles n'étaient donc pas toujours sibyllins ! Ces ruines romantiques dans leur paysage campagnard furent popularisées par Hubert Robert, qui vint y trouver l'inspiration.
Dimanche 17 mai
Direction les Abruzzes et sa capitale L'Aquila. En 2009, ce joyau était donné pour disparu après le terrible séisme du 6 avril 2009.
Nous visitons la « Fontana delle 99 cannelle », érigée en souvenir de la fondation de la ville par Conrad de Hohenstaufen (petit-fils de Barberousse) et symbolisant la réunion des 99 villages à l'origine de la ville. Puis direction la Basilique Santa Maria di Collemaggio, magnifique édifice cistercien, monastère fondé par le pape Célestin V, fondateur de l'ordre des Célestins, qui repose désormais sous son masque de cire dans la chapelle latérale de la basilique — la seule épargnée par le séisme de 2009.
Départ vers l'Oratorio de San Pellegrino, en pleine montagne, chapelle de style roman ornée de fresques médiévales couvrant l'ensemble des murs et voûtes, illustrant des scènes de la vie du Christ. Ces fresques sont d'une fraîcheur étonnante ; elles montrent par exemple des personnages vêtus de vêtements réellement portés dans la région, reliant ainsi directement ces œuvres d'art à la vie quotidienne locale.
Le retour vers Tivoli s'effectue par un circuit à travers les paysages des monts Sasso, qui laissent deviner une flore alpine particulièrement capricieuse ce jour-là.
Lundi 18 mai
Retour à une période post-Renaissance avec la visite de la Villa Aldobrandini, surnommée Villa Belvédère en référence à sa situation dominante. Dès qu'on arrive à Frascati, la villa s'impose au regard : elle domine toute la ville et offre une vue spectaculaire en ligne droite sur Rome. Le message architectural est clair : « dominons le monde ».
Une spectaculaire allée de chênes verts conduit de l'entrée principale à la villa. Au niveau de la villa, un charmant jardin offre une promenade ombragée dans des allées de buis protégées par des platanes centenaires et couvrant une collection d'hortensias. Derrière le palais, on découvre le véritable clou du spectacle : le théâtre de l'eau. Adossé à la colline se trouve un immense nymphée en demi-cercle avec des cascades, des fontaines et des statues, dont le centre est le réceptacle du théâtre d'eau alimenté par un aqueduc de 8 km. L'ensemble restitue une atmosphère restée très privée, romantique et un peu surannée, mais quelle puissance se dégage de ce site !
Nous restons dans la famille propriétaire de la Villa Aldobrandini pour rejoindre la Villa Landriana. Le jardin de la Villa Landriana fut fondé par Lavinia Tavernia dans les années 50 sur un terrain ayant servi de plage de débarquement aux armées alliées, racheté par son mari dans une vente aux enchères. Passionnée de botanique, la créatrice accumule les plantations de façon un peu anarchique, puis fait appel au grand architecte paysagiste Russell Page pour structurer le jardin.
Celui-ci crée environ 30 chambres de verdure, alliant la rigueur géométrique des jardins à l'italienne à la poésie romantique des jardins à l'anglaise. Le jardin est ainsi une succession de chambres intimes portant chacune une atmosphère différente et discrète, affichant une beauté sensorielle et changeante. On y trouve par exemple la vallée des roses anciennes, l'allée blanche, la prairie bleue, le jardin des orangers, ou encore le coteau de la rose « mutabilis » qui passe dans sa courte vie du jaune au rose, puis du rose au rouge.
Ni trop rigide comme un jardin à la française classique, ni trop sauvage comme un parc à l'anglaise, le jardin de la Villa Landriana n'est pas figé dans le temps et dégage une atmosphère changeante. Il est le symbole d'une élégance discrète qui se cache dans la campagne romaine. En un mot, c'est une œuvre d'art vivante.
Nous terminons notre voyage par la visite du Palais Barberini à Palestrina, suivie de notre « dîner de gala et de fin de voyage ». Le Palais Barberini est bâti sur l'emplacement d'un ancien sanctuaire romain dédié à la déesse Fortuna Primigenia. Le sanctuaire fut démoli puis reconstruit par la famille Barberini sur l'emplacement des ruines et selon le même plan, ce qui explique l'imbrication entre les restes du temple antique et les éléments datant du XVIIe siècle.
Au sommet du Palais, nous avons admiré la mosaïque du Nil : la plus belle mosaïque de l'Antiquité romaine. On peut y admirer notamment la représentation du temple de Louxor, les animaux africains (hippopotames, crocodiles), les populations (Nubiens par exemple) et les sites géographiques (sources du Nil, chutes, delta du Nil). Cette mosaïque est d'une grande beauté et particulièrement spectaculaire.
Vient enfin le moment du « dîner de gala », pris en commun sur la terrasse privée de la villa en compagnie de deux représentantes de la famille. Cette terrasse domine la campagne du Latium vers la mer et nous offre une vue véritablement enchanteresse — que nous ne hiérarchiserons pas par comparaison avec celles déjà évoquées de la Villa d'Este, du Castillo del Gallo ou de la Villa Aldobrandini.
Nous pouvons admirer depuis la terrasse un véritable coucher de soleil, bienvenu car le soleil fut rare pendant notre séjour ; mais il est présent à ce dernier rendez-vous pour accompagner les festivités marquant la fin de notre beau périple dans le Latium.
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Label Jardin remarquable
Depuis 2004, le label « Jardin remarquable » distingue des jardins et des parcs présentant un intérêt culturel, esthétique, historique ou botanique, qu'ils soient publics ou privés, protégés ou non au titre des monuments ou des sites historiques. C’est donc un formidable outil de promotion et de valorisation des plus beaux jardins français ouverts au public. Ce label national de qualité est attribué par le ministère chargé de la Culture pour une durée de 5 ans renouvelable.
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